Passage de la « Comet » sur les terres de l’AMIA / Ribeauvillé

Le dimanche 26 septembre 2021, à l’invitation de l’AMIA Alsace, en partenariat avec le Festival de Ribeauvillé et Les Amis de l’orgue de Ribeauvillé, Comet Musicke donnait le programme « Diego Ortiz – Caleidoscopio » en l’église de Guémar (68). L’occasion de présenter le disque encore tout frais du même nom. Un très bel accueil du public, comme en témoigne l’article suivant paru aux Dernières Nouvelles d’Alsace (Bernard Fruhinsholz).

GUEMAR : BIOGRAPHIE MUSICALE (DNA – Bernard Fruhinsholz)

Absent depuis deux saisons des radars médiatiques, le Festival de musiques anciennes de Ribeauvillé a fait, par procuration, un remarquable retour gagnant. L’église paroissiale de Guémar affichait presque complet, dimanche 26 septembre 2021, à l’occasion du concert de l’ensemble Comet Musicke.

Gambiste et compositeur espagnol parti chercher fortune à la cour du roi de Naples, Diego Ortiz (ca 1510 – ca 1570) a été le plus célèbre gambiste de son siècle mais a également été un théoricien et un pédagogue d’importance, publiant notamment en 1553 un ouvrage (Traité des gloses) codifiant les ornementations pour son instrument de prédilection mais également pour la flûte, le violon, le cornet et quelques autres, dans l’accompagnement des voix ainsi que pour des pièces strictement instrumentales. Le programme proposé par l’ensemble dirigé par Francisco Mañalich explicite ces règles. En introduction à cette prestation, parrainée par les Amis de l’orgue de Ribeauvillé, l’organiste Henry Webb a joué trois courtes pièces de Francisco Correa de Arauxo (1554-1654), mettant en valeur la registration tout en nuances du Callinet de l’église Saint-Léger.

Un concert alternant pièces strictement instrumentales et œuvres vocales (à deux, trois, quatre voire sept voix) accompagnées, souvent précédées de courts textes déclamés, donnant au tout des allures de biographie musicale d’un compositeur et violiste, également homme d’armes réputé ; les œuvres d’Ortiz voisinant avec celles de quelques-uns de ses contemporains chansonniers. Pour toutes ces pièces, une constante qui doit beaucoup à la précision du traité relatif à leur exécution mais qui, sans le facteur humain (c’est-à-dire la sensibilité de l’interprète), n’aurait que peu de sens, un peu comme une recette d’un grand chef dans la cuisine d’un tâcheron !

Émotion communicative !

Aux indispensables qualités musicales, les dix membres de Comet Musicke ont ajouté, fruit d’une cohabitation quasi symbiotique avec les opus choisis, une sensibilité communicative, un rare sens de la nuance, sachant individuellement accentuer un trait instrumental ou vocal avant de se fondre à nouveau dans le collectif, mis de l’émotion (communicative) notamment dans la Recercada settima sobre tenor, donné tout son sens au mot « polyphonie » notamment avec le motet Regina celi d’Ortiz ou Un cavalier di Spagna de Francesco Patavino… allant jusqu’à mettre en espace (nef, bas-côtés) certaines parties vocales pour mieux les partager. Donnée en bis, une pièce inédite chantée par les dix membres de Comet Musicke réunis en cercle (très elliptique !) dans l’allée centrale a été suivie d’une standing-ovation amplement méritée.

À NOTER : L’intégralité des pièces de Diego Ortiz jouées et chantées durant ce concert (et bien d’autres) a été enregistrée il y a quelques mois par l’ensemble Comet Musicke ; le double CD Diego Ortiz – Caleidoscopio est disponible chez Son an ero au prix de 20 €.

Retrouvez cet article au format PDF ou bien directement sur le site internet des DNA ci-dessous :

https://www.dna.fr/culture-loisirs/2021/09/29/biographie-musicale